
Depuis quelques années, on a souvent dénoncé la "pensée unique" des médias québécois. Les journalistes penchent toujours du même bord, fréquentent les mêmes restaurants, appuient les mêmes causes -bref, on dirait qu'ils ont tous été faits à partir du même moule...
Nous ne sommes pas les seuls à penser de la sorte. Julie Miville-Deschênes, l'ombudsman de Radio-Canada, partage notre point de vue.
Dans un texte qui a été publié dans un numéro du Trente, le magazine de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Mme Miville-Deschênes critique l'homogénéité des médias québécois.
«Les journalistes les plus influents appartiennent souvent à la génération des baby-boomers, écrit-elle. Et la grande majorité d'entre eux partagent la même idéologie. Ces Québécois «de souche» ont surtout étudié les sciences humaines et ont été contestataires dans la mouvance nationaliste et/ou de gauche.»
«Souvent, leur façon de voir le monde comporte les éléments suivants : préjugés favorables envers les syndicats, anti-américanisme, anticléricalisme, etc.» Madame Miville-Deschênes continue: «Cela n'empêche pas ces journalistes de s'être embourgeoisés au fil des ans, grâce notamment à des conventions collectives de plus en plus généreuses. En outre, ils vivent en ville et font partie de la classe moyenne ou même aisée. Il est difficile pour eux de voir venir des phénomènes comme la montée de l'ADQ ou le malaise qui sous-tend le code de conduite de Hérouxville... «Dans l'ensemble des médias québécois, le débat se réduit généralement à un affrontement entre souverainistes et fédéralistes. Et les deux options se définissent depuis longtemps comme étant soit de centre gauche, soit de gauche centriste. En d'autres mots, c'est blanc bonnet et bonnet blanc. «Il y a donc tout un débat d'idées qui n'a jamais pu se faire chez nous et qui nous a sauté au visage le jour où Mario Dumont et la droite ont failli remporter les élections...
«Il y a donc tout un débat d'idées qui n'a jamais pu se faire chez nous», écrit l'ombudsman de Radio-Canada.




0 commentaires:
Enregistrer un commentaire