mardi 7 juillet 2009
"La peur de la droite et des étiquettes", autre texte très pertinent de Johanne Marcotte
Mes commentaires à la fin de ce texte:
La peur de la droite et des étiquettes
Débat intéressant que celui qui se déroule entre certains militants de l'ADQ, et qui révèle hors de tout doute la difficulté pour certains, d'assumer le positionnement de centre-droit dûment adopté par les membres lors du conseil général de mai 2006.
Dans une lettre d’opinion de l'ancien leader parlementaire de l'ADQ, Sébastien Proulx offre aux membres un ultimatum: "Si les membres et le prochain chef choisissent de promouvoir et de se définir par l'idéologie de la droite (...), c'est ailleurs que j'irai travailler à construire un Québec meilleur pour mes enfants." Ou encore, "L'ADQ ce n'est pas le véhicule de la droite. Sinon j'en descends aussitôt."
Soit. Il semble que Sébastien veuille partager sa crainte que le parti "se radicalise" et conséquemment, que "l’ADQ ne gouvernera jamais". À cela, je serais tentée de dire aux apeurés de se calmer le pompon. Comme le fait Éric Duhaime dans son texte, la droite sociale ou morale - celle qui prône la peine de mort, qui est contre l'avortement, qui est contre la reconnaissance des droits des homosexuels, etc. - n'existe pas à l'ADQ.
Aussi, comme le dit si bien Vincent Geloso dans un texte duquel j'ai emprunté le titre, si l'ADQ a usé de populisme de bas étage en associant le déclin du français à une hausse de l'immigration, c'était à mon avis une erreur magistrale et un manque d'appréciation de la maturité des adéquistes en matière d'immigration et d'identité culturelle.
Non. Ce qui existe, c'est la reconnaissance que le modèle québécois est à bout de souffle, qu'il est grand temps de revoir le rôle et l’importance de l'État, que l'universalité et la gratuité de nos programmes sociaux sont des mythes, que l'interventionnisme économique étatique et le syndicalisme québécois hérités de la Révolution tranquille nuisent à la prospérité économique, que le système de santé doit être revu de façon à promouvoir la concurrence dans les façons de produire et distribuer les services, que le système d'éducation et le régime pédagogique ne rendent pas service aux élèves les plus en difficulté, que la qualité de la langue française est déplorable et indigne d'un peuple qui se gratifie d'être la seule nation francophone en Amérique du nord, qu’il est important pour nos jeunes d’acquérir la connaissance de la langue anglaise sans pour autant se sentir menacé dans leur identité culturelle, etc.
Ce qui existe, c'est un courant qui en a marre de boucler sur la question constitutionnelle et sur une bataille d’il y a deux siècles et demi, et qui n’en peut plus de ce discours de bonnes intentions qui ne livre pas de résultats. Enfin, ce qui existe, c'est un rassemblement de personnes honnêtes qui trouvent indécent l’endettement intergénérationnel résultant des régimes libéralo-péquistes et qui ont à coeur de léguer à leurs enfants un patrimoine financier, culturel et environnemental digne de ce nom.
Sébastien Proulx juge que "si l'ADQ a perdu son statut et la place qu'elle avait difficilement gagnée en 2007, c'est qu'elle a manqué de crédibilité et de cohérence." Il a bien raison. Un post-mortem honnête aurait conclu que l’ADQ comme opposition officielle s’était éloignée de ce à quoi les militants et la population s’attendaient d’elle. Malheureusement, aux yeux de la population, le pire ennemi de l'ADQ, aura été encore une fois, l'ambiguïté. Ambiguïté sur le plan constitutionnel avec son option autonomiste, et ambiguïté quant à sa philosophie politique.
En effet, lorsqu'on ne porte pas fièrement une vision, lorsqu'on hésite à afficher nos couleurs de peur d'être mal perçu ou pire, de ne pas se mériter un siège à l’Assemblée nationale, la tentation de simplement dire à la population ce qu'elle veut bien entendre engendre cynisme, perte de crédibilité et oui, un manque flagrant de cohérence. L’expression la plus désolante de ceci est l’initiative des hauts dirigeants de l’ADQ d’orchestrer une coalition avec le Parti québécois! Quelle déception...
Alors, il faut être cohérents. Si on dénonce l’endettement, il faut avoir le courage de dire que l’on diminuera les dépenses de l’État et oui, qu'il y a fort probablement des choses qui seront abolies! Si on vise à éliminer le gaspillage des ressources, il faut pouvoir énoncer une politique tarifaire juste et équitable basée sur le juste prix des ressources et des services. Si l’on croit à la liberté individuelle plutôt qu’à des politiques publiques mur-à-mur, alors il faut privilégier les transferts directs plutôt que les solutions uniques et les monopoles étatiques. Si on veut vraiment aider les gens les plus dans le besoin, alors il faut des mesures ciblées et une aide plus importante pour ces personnes. Si on prône la concurrence, alors il faut revoir les monopoles d’État, qu’il s’agisse de la Caisse de dépôt, de la SAQ, etc.
Ne nous trompons pas. Contrairement aux dires de Sébastien Proulx, nous ne sommes pas ici dans un débat de valeurs. Non. Son texte dénote bien davantage une peur qu’avec un positionnement plus audacieux que ceux de nos concurrents, "l’ADQ ne gouvernera jamais". Ce à quoi je répondrais qu’il y a un risque beaucoup plus grave que celui de ne pas gouverner : c’est celui d’être élu au gouvernement et de n’y rien faire, faute d’avoir établi un contrat clair avec la population!
L’ADQ saura-t-elle être un "rassemblement de gens de convictions" ou une "machine à gagner des élections"? Est-il seulement possible d'être les deux à la fois? Ceux qui répondront non à cette question et qui rêvent de faire une carrière en politique trouveront la voie difficile, en effet. Et en ce sens-là, je peux comprendre d’anciens élus de vouloir diluer le langage ou encore de se rendre disponibles pour d’autres partis beaucoup moins exigeants.
Quant à moi, je suis d’avis que nous sommes bientôt à l’heure où l’on devra opter pour une classe dirigeante courageuse. Des gens de cœur, certes, mais des gens beaucoup de raison, intègres, honnêtes, un peu fous et oui, qui oseront dire la vérité aux Québécois. Cette classe dirigeante ne se retrouve pas au Parti libéral du Québec pas plus qu’au Parti québécois. S’ils y étaient, on le saurait…
Le Québec a besoin d’être redressé et le temps des illusions s’achève. Encore aujourd’hui, le PQ perd un des siens, François Legault, qui suit les traces de Joseph Facal. Je lui lève mon chapeau et le remercie sincèrement, en tant que citoyenne, pour ses loyaux services, et particulièrement pour la lucidité dont il a fait preuve à la dernière session parlementaire. Il vient probablement un temps où on ne peut plus se raconter d’histoires…
Bref, il faut souhaiter que cette course à la chefferie soit l'occasion de clarifier une fois pour toutes, les fondements de l'offre politique de l'ADQ. Que les candidats affichent leurs couleurs clairement n’a rien de très menaçant et est tout ce qu’il y a de plus démocratique. Après la phase de qualification des candidatures qui se termine le 18 août, il y aura débats entre les candidats. Les militants eux-mêmes se feront bien une tête et sauront élire la personne qui incarnera le plus leur vision d’avenir et les moyens d’y parvenir.
Quant à moi, je persiste à croire que l’ADQ peut être et surtout, doit être, ce parti qui saura se positionner à la droite économique tout en étant progressiste sur le plan social. Autrement, il n'est d'absolument aucune utilité. Des partis qui prônent le statu quo et qui endettent les générations futures, on en a déjà deux!
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Le prochains chef de l'ADQ devra être un politicien de convictions.
Il faut que le discours adéquiste de centre-droit qui a séduit revienne: il faut réduire le poids de l'état, réduire les programmes sociaux-démocrates, il faut casser les monopoles d'état géré par les monopoles syndicaux, revoir le modèle québécois... Ça fait plus de 35 ans que ce fameux modèle Québécois fonctionne sur la carte de crédit. Un moment donné il faudra dire la vérité au peuple. Le peuple québécois a été endoctriné par l'état providence, et le Québec est aujourd'hui en sérieuse difficulté financière et s'en va directement dans un mur.
Il suffit de garder la ligne directrice, ne changez pas vos convictions selon la saveur du mois, ou selon le dernier sondage, restez intègre à vous-mêmes, et le peuple vous supportera. Ce n'est pas le pouvoir qui est important pour l'instant, la première étape est de faire évoluer les mentalités vers un avenir meilleur pour les générations futures. Si vous parlez avec votre cœur, si vous parlez d'espoir et dites la vérité, le peuple vous suivra, tout comme en 2007. Si vous tentez de répondre par des demi-vérités, ou par la langue de bois, le peuple n'est pas dupe, il va le sentir, et vous perdrez toute crédibilité, et des votes...
Le Québec a besoin d'un grand homme politique de centre-droite, qu'il n'aura pas peur des mots et de dire la vérité. Un politicien qui parle avec son cœur, son âme, ses tripes. Mario Dumont était un de ces grands politiciens.
Pensez-vous que René Lévesque était destiné à être un chef d'État? C'était un simple journaliste. Par contre, il était un politicien qui parlait avec son cœur et ses tripes et avait le courage de ses convictions. Il a fait rêver un peuple, et le pouvoir est venu à lui.
La peur de la droite et des étiquettes
Débat intéressant que celui qui se déroule entre certains militants de l'ADQ, et qui révèle hors de tout doute la difficulté pour certains, d'assumer le positionnement de centre-droit dûment adopté par les membres lors du conseil général de mai 2006.
Dans une lettre d’opinion de l'ancien leader parlementaire de l'ADQ, Sébastien Proulx offre aux membres un ultimatum: "Si les membres et le prochain chef choisissent de promouvoir et de se définir par l'idéologie de la droite (...), c'est ailleurs que j'irai travailler à construire un Québec meilleur pour mes enfants." Ou encore, "L'ADQ ce n'est pas le véhicule de la droite. Sinon j'en descends aussitôt."
Soit. Il semble que Sébastien veuille partager sa crainte que le parti "se radicalise" et conséquemment, que "l’ADQ ne gouvernera jamais". À cela, je serais tentée de dire aux apeurés de se calmer le pompon. Comme le fait Éric Duhaime dans son texte, la droite sociale ou morale - celle qui prône la peine de mort, qui est contre l'avortement, qui est contre la reconnaissance des droits des homosexuels, etc. - n'existe pas à l'ADQ.
Aussi, comme le dit si bien Vincent Geloso dans un texte duquel j'ai emprunté le titre, si l'ADQ a usé de populisme de bas étage en associant le déclin du français à une hausse de l'immigration, c'était à mon avis une erreur magistrale et un manque d'appréciation de la maturité des adéquistes en matière d'immigration et d'identité culturelle.
Non. Ce qui existe, c'est la reconnaissance que le modèle québécois est à bout de souffle, qu'il est grand temps de revoir le rôle et l’importance de l'État, que l'universalité et la gratuité de nos programmes sociaux sont des mythes, que l'interventionnisme économique étatique et le syndicalisme québécois hérités de la Révolution tranquille nuisent à la prospérité économique, que le système de santé doit être revu de façon à promouvoir la concurrence dans les façons de produire et distribuer les services, que le système d'éducation et le régime pédagogique ne rendent pas service aux élèves les plus en difficulté, que la qualité de la langue française est déplorable et indigne d'un peuple qui se gratifie d'être la seule nation francophone en Amérique du nord, qu’il est important pour nos jeunes d’acquérir la connaissance de la langue anglaise sans pour autant se sentir menacé dans leur identité culturelle, etc.
Ce qui existe, c'est un courant qui en a marre de boucler sur la question constitutionnelle et sur une bataille d’il y a deux siècles et demi, et qui n’en peut plus de ce discours de bonnes intentions qui ne livre pas de résultats. Enfin, ce qui existe, c'est un rassemblement de personnes honnêtes qui trouvent indécent l’endettement intergénérationnel résultant des régimes libéralo-péquistes et qui ont à coeur de léguer à leurs enfants un patrimoine financier, culturel et environnemental digne de ce nom.
Sébastien Proulx juge que "si l'ADQ a perdu son statut et la place qu'elle avait difficilement gagnée en 2007, c'est qu'elle a manqué de crédibilité et de cohérence." Il a bien raison. Un post-mortem honnête aurait conclu que l’ADQ comme opposition officielle s’était éloignée de ce à quoi les militants et la population s’attendaient d’elle. Malheureusement, aux yeux de la population, le pire ennemi de l'ADQ, aura été encore une fois, l'ambiguïté. Ambiguïté sur le plan constitutionnel avec son option autonomiste, et ambiguïté quant à sa philosophie politique.
En effet, lorsqu'on ne porte pas fièrement une vision, lorsqu'on hésite à afficher nos couleurs de peur d'être mal perçu ou pire, de ne pas se mériter un siège à l’Assemblée nationale, la tentation de simplement dire à la population ce qu'elle veut bien entendre engendre cynisme, perte de crédibilité et oui, un manque flagrant de cohérence. L’expression la plus désolante de ceci est l’initiative des hauts dirigeants de l’ADQ d’orchestrer une coalition avec le Parti québécois! Quelle déception...
Alors, il faut être cohérents. Si on dénonce l’endettement, il faut avoir le courage de dire que l’on diminuera les dépenses de l’État et oui, qu'il y a fort probablement des choses qui seront abolies! Si on vise à éliminer le gaspillage des ressources, il faut pouvoir énoncer une politique tarifaire juste et équitable basée sur le juste prix des ressources et des services. Si l’on croit à la liberté individuelle plutôt qu’à des politiques publiques mur-à-mur, alors il faut privilégier les transferts directs plutôt que les solutions uniques et les monopoles étatiques. Si on veut vraiment aider les gens les plus dans le besoin, alors il faut des mesures ciblées et une aide plus importante pour ces personnes. Si on prône la concurrence, alors il faut revoir les monopoles d’État, qu’il s’agisse de la Caisse de dépôt, de la SAQ, etc.
Ne nous trompons pas. Contrairement aux dires de Sébastien Proulx, nous ne sommes pas ici dans un débat de valeurs. Non. Son texte dénote bien davantage une peur qu’avec un positionnement plus audacieux que ceux de nos concurrents, "l’ADQ ne gouvernera jamais". Ce à quoi je répondrais qu’il y a un risque beaucoup plus grave que celui de ne pas gouverner : c’est celui d’être élu au gouvernement et de n’y rien faire, faute d’avoir établi un contrat clair avec la population!
L’ADQ saura-t-elle être un "rassemblement de gens de convictions" ou une "machine à gagner des élections"? Est-il seulement possible d'être les deux à la fois? Ceux qui répondront non à cette question et qui rêvent de faire une carrière en politique trouveront la voie difficile, en effet. Et en ce sens-là, je peux comprendre d’anciens élus de vouloir diluer le langage ou encore de se rendre disponibles pour d’autres partis beaucoup moins exigeants.
Quant à moi, je suis d’avis que nous sommes bientôt à l’heure où l’on devra opter pour une classe dirigeante courageuse. Des gens de cœur, certes, mais des gens beaucoup de raison, intègres, honnêtes, un peu fous et oui, qui oseront dire la vérité aux Québécois. Cette classe dirigeante ne se retrouve pas au Parti libéral du Québec pas plus qu’au Parti québécois. S’ils y étaient, on le saurait…
Le Québec a besoin d’être redressé et le temps des illusions s’achève. Encore aujourd’hui, le PQ perd un des siens, François Legault, qui suit les traces de Joseph Facal. Je lui lève mon chapeau et le remercie sincèrement, en tant que citoyenne, pour ses loyaux services, et particulièrement pour la lucidité dont il a fait preuve à la dernière session parlementaire. Il vient probablement un temps où on ne peut plus se raconter d’histoires…
Bref, il faut souhaiter que cette course à la chefferie soit l'occasion de clarifier une fois pour toutes, les fondements de l'offre politique de l'ADQ. Que les candidats affichent leurs couleurs clairement n’a rien de très menaçant et est tout ce qu’il y a de plus démocratique. Après la phase de qualification des candidatures qui se termine le 18 août, il y aura débats entre les candidats. Les militants eux-mêmes se feront bien une tête et sauront élire la personne qui incarnera le plus leur vision d’avenir et les moyens d’y parvenir.
Quant à moi, je persiste à croire que l’ADQ peut être et surtout, doit être, ce parti qui saura se positionner à la droite économique tout en étant progressiste sur le plan social. Autrement, il n'est d'absolument aucune utilité. Des partis qui prônent le statu quo et qui endettent les générations futures, on en a déjà deux!
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Le prochains chef de l'ADQ devra être un politicien de convictions.
Il faut que le discours adéquiste de centre-droit qui a séduit revienne: il faut réduire le poids de l'état, réduire les programmes sociaux-démocrates, il faut casser les monopoles d'état géré par les monopoles syndicaux, revoir le modèle québécois... Ça fait plus de 35 ans que ce fameux modèle Québécois fonctionne sur la carte de crédit. Un moment donné il faudra dire la vérité au peuple. Le peuple québécois a été endoctriné par l'état providence, et le Québec est aujourd'hui en sérieuse difficulté financière et s'en va directement dans un mur.
Il suffit de garder la ligne directrice, ne changez pas vos convictions selon la saveur du mois, ou selon le dernier sondage, restez intègre à vous-mêmes, et le peuple vous supportera. Ce n'est pas le pouvoir qui est important pour l'instant, la première étape est de faire évoluer les mentalités vers un avenir meilleur pour les générations futures. Si vous parlez avec votre cœur, si vous parlez d'espoir et dites la vérité, le peuple vous suivra, tout comme en 2007. Si vous tentez de répondre par des demi-vérités, ou par la langue de bois, le peuple n'est pas dupe, il va le sentir, et vous perdrez toute crédibilité, et des votes...
Le Québec a besoin d'un grand homme politique de centre-droite, qu'il n'aura pas peur des mots et de dire la vérité. Un politicien qui parle avec son cœur, son âme, ses tripes. Mario Dumont était un de ces grands politiciens.
Pensez-vous que René Lévesque était destiné à être un chef d'État? C'était un simple journaliste. Par contre, il était un politicien qui parlait avec son cœur et ses tripes et avait le courage de ses convictions. Il a fait rêver un peuple, et le pouvoir est venu à lui.
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